La NBA veut lancer une nouvelle compétition de basket en Europe. Après avoir rejeté, le 6 octobre, une proposition de collaboration américaine, les 13 clubs actionnaires de l’EuroLeague ont approuvé un plan économique sur dix ans. Ils visent 3,4 milliards d’euros de distributions aux équipes et préparent leur propre expansion.
La NBA prépare, avec la Fédération internationale de basketball (FIBA), une compétition masculine à l’échelle européenne. Le format envisagé réunirait 16 équipes : 12 franchises permanentes et quatre places attribuées par qualification sportive. Les villes ciblées comprennent Londres, Paris, Madrid, Milan et Berlin, mais aucune liste définitive des équipes n’a été annoncée. Selon Reuters, plusieurs offres pour les franchises permanentes se situeraient entre 500 millions et un milliard de dollars, voire davantage. Ces montants restent des propositions rapportées, et non des ventes finalisées. La NBA veut ainsi développer ses revenus et renforcer sa présence sur le marché européen.

les clubs rejettent l’offre de la NBA et misent sur leur propre expansion
L’attrait du projet tient aussi à la marque NBA et à sa capacité à attirer sponsors, diffuseurs et investisseurs. Des clubs de basket et de football figurent parmi les acteurs intéressés. L’enjeu sera de convertir cet intérêt en recettes régulières et de construire une base de supporters dans des villes où le basket n’a pas partout la même place. Le projet s’appuie sur une notoriété mondiale et sur l’expérience commerciale de la NBA, mais son succès dépendra aussi de la qualité des équipes, de l’accès aux salles et de la capacité à fidéliser un public déjà sollicité par les championnats nationaux et les compétitions existantes.
Les 13 clubs actionnaires de l’EuroLeague veulent conserver le contrôle de leur compétition et de ses revenus. Le 6 octobre, ils ont rejeté la proposition de collaboration de la NBA, jugée insuffisante par plusieurs sources proches des discussions. Selon Front Office Sports, l’offre aurait sous-évalué la compétition et demandé aux clubs de suspendre leur expansion. Les actionnaires ont toutefois laissé la porte ouverte à de nouvelles négociations. Ils ont également décidé d’avancer vers un modèle de franchises, qui leur donnerait une place plus durable dans l’organisation.
Leur résistance s’explique aussi par les investissements déjà engagés et la valeur de clubs comme le Real Madrid, le FC Barcelone, l’Olympiakos ou le Fenerbahçe. Une entente pourrait apporter des capitaux et une visibilité mondiale, mais les clubs veulent éviter de perdre leur autonomie. Le refus ne signifie pas que tout accord est exclu : les conditions proposées n’ont simplement pas convaincu les actionnaires. Le 19 octobre, le directeur général de l’EuroLeague, Chus Bueno, a confirmé que la porte restait ouverte aux discussions avec la NBA. Il a cependant mis en garde contre le risque de fragmenter le marché européen si deux compétitions de premier plan se disputaient les mêmes clubs, joueurs, diffuseurs et partenaires.
Approuvé par les 13 clubs actionnaires, le plan de l’EuroLeague prévoit 3,4 milliards d’euros distribués aux équipes sur dix ans : 2,2 milliards issus des revenus et 1,2 milliard provenant des droits d’entrée de nouvelles franchises. La compétition vise également 648 millions d’euros de recettes commerciales annuelles à la dixième année. Elle a annoncé avoir reçu 15 offres fermes représentant 1,2 milliard d’euros. Deux phases d’expansion sont envisagées, en 2027 et 2031. Ces chiffres restent toutefois des objectifs et des projections, pas des revenus garantis.

un plan à plusieurs milliards d’euros pour concurrencer la NBA en Europe
L’EuroLeague estime que la valeur collective de ses clubs sous licence pourrait passer de 1,8 à 5,4 milliards d’euros, tandis que celle de la compétition atteindrait 7,98 milliards, contre 1,4 milliard aujourd’hui. Ces projections dépendent de la croissance des revenus et de l’expansion. La viabilité financière reste un défi : selon les chiffres communiqués autour du plan, seuls 40 % des clubs seraient actuellement financièrement durables. Les objectifs dépendront donc autant de la maîtrise des dépenses que de la hausse des recettes. Pour transformer ces projections en résultats, la ligue devra notamment attirer des partenaires commerciaux, remplir les salles, développer les droits audiovisuels et répartir les nouvelles ressources de manière à renforcer les clubs sur la durée.
La NBA mise sur des franchises permanentes, complétées par quatre places accessibles grâce à la qualification sportive. L’EuroLeague veut également adopter un modèle de franchises, tout en prévoyant des voies d’accès par l’EuroCup et d’autres mécanismes sportifs. Les deux organisations cherchent donc à concilier stabilité financière et mérite sportif, mais leurs intérêts divergent sur le contrôle de la compétition. Pour les clubs, une place permanente peut attirer des investisseurs ; pour les équipes moins puissantes, l’accès par les résultats reste essentiel. L’enjeu sera de savoir si cette concurrence renforce le basket européen ou fragmente ses équipes, ses supporters et ses revenus.
Le passage au modèle de franchises représente un changement important pour l’EuroLeague. Les 13 clubs actionnaires doivent convertir leurs licences de long terme en franchises, tandis que de nouvelles places seraient proposées à des investisseurs ou à des projets sportifs. Ce système peut apporter davantage de visibilité aux propriétaires, puisqu’une franchise durable est plus facile à valoriser qu’une participation soumise à des renouvellements réguliers. Il soulève néanmoins une question : comment préserver l’accès sportif et éviter que la compétition ne devienne trop fermée aux clubs qui ne disposent pas de moyens financiers comparables ?
Deux compétitions concurrentes pourraient compliquer le calendrier et disperser joueurs, partenaires et supporters. À l’inverse, la concurrence pourrait pousser les organisateurs à améliorer les infrastructures et les revenus redistribués. La NBA et la FIBA promettent de soutenir les championnats nationaux et la formation, mais l’effet réel dépendra des règles définitives et de la coordination des calendriers. Les clubs devront aussi mesurer le coût d’une éventuelle participation : déplacements, salaires, équipements et exigences des salles peuvent augmenter en même temps que les revenus. Une hausse des investissements ne garantit donc pas, à elle seule, une meilleure rentabilité.
La NBA veut s’implanter en Europe, mais l’EuroLeague entend défendre son indépendance grâce à ses propres investissements. Avec 3,4 milliards d’euros de distributions projetées sur dix ans, elle affiche ses ambitions sans garantir leur réalisation. L’avenir dépendra des négociations, de l’arrivée des investisseurs et de la capacité des deux organisations à convaincre les clubs. Le choix ne sera pas seulement financier : il déterminera aussi la place du mérite sportif et l’organisation du basket européen.







