Manchester City se retrouve au cœur d’une nouvelle étape majeure dans l’affaire qui l’oppose depuis plusieurs années à la Premier League. Le club anglais a été reconnu coupable de graves violations des règles financières à l’issue d’une procédure qui aura duré près de huit ans.
Le verdict, rendu public le 29 septembre 2026, concerne des faits remontant aux saisons 2009-2010 à 2017-2018 et couvre donc une période particulièrement importante de l’histoire récente du club. La commission indépendante chargée du dossier a retenu des accusations liées aux informations financières communiquées par le club, à certains contrats commerciaux et à son obligation de coopérer avec l’enquête. Manchester City conteste ces conclusions et a annoncé son intention de faire appel. Aucune sanction sportive n’a encore été prononcée contre le club à ce jour.
Une enquête avait été ouverte dès décembre 2018
La Premier League a commencé son enquête en décembre 2018, avant de déposer officiellement sa plainte en février 2023. Les griefs concernaient notamment les informations financières transmises à la Premier League, les rémunérations de certains joueurs et entraîneurs, le respect des règles financières du championnat et de l’UEFA, ainsi que la coopération du club avec les enquêteurs.
L’audience devant la commission indépendante s’est terminée en décembre 2024 après 42 jours. La commission a ensuite dû examiner un volume considérable d’éléments avant de rendre sa décision. Elle a indiqué avoir traité environ 7 000 pages de retranscriptions des témoignages, ainsi que de nombreux documents et arguments écrits.
Selon les conclusions publiées par la Premier League, Manchester City aurait utilisé plusieurs contrats commerciaux qui ne correspondaient pas aux véritables accords conclus entre les différentes parties. La commission les a notamment qualifiés de « sham contracts ».
D’après la Premier League, certains partenaires commerciaux n’auraient payé qu’une partie des montants de sponsoring prévus, tandis que le reste aurait été financé par Abu Dhabi United Group Investment & Development, propriétaire du club à l’époque. D’autres arrangements auraient également permis à Manchester City d’enregistrer des dépenses inférieures à celles réellement engagées.
La commission a estimé que ces mécanismes avaient permis au club d’augmenter artificiellement ses revenus et de réduire ses coûts de plus de 900 millions de livres sterling sur la période concernée. Elle a également conclu que les comptes présentés aux auditeurs et aux instances du football ne reflétaient pas correctement la situation financière du club.
Les revenus et les dépenses déclarés déterminent notamment si un club respecte les règles financières qui encadrent ses activités. La commission a conclu que Manchester City avait ainsi enfreint de manière importante les limites de dépenses de la Premier League et de l’UEFA.
Elle a estimé que si les différents accords avaient été correctement comptabilisés dans les comptes du club, celui-ci aurait dépassé ces limites de manière substantielle.
La Premier League affirme donc que les mécanismes mis en place avaient pour objectif de permettre au club de donner l’image d’une situation financière conforme aux règlements. La commission a également conclu que Manchester City avait cherché à contourner les règles de la Premier League.
un verdict rendu, mais la procédure est loin d’être terminée

Le verdict ne porte toutefois pas uniquement sur les comptes et les contrats commerciaux. La commission a également examiné le comportement du club pendant l’enquête de la Premier League.
Sur les quatre accusations concernant son obligation de coopération, trois ont été retenues. La commission a estimé que Manchester City avait commis plusieurs manquements à ses obligations de coopération et de bonne foi.
Selon les conclusions publiées, Manchester City aurait tenté à plusieurs reprises de ralentir ou de compliquer le travail des enquêteurs. Cet aspect du dossier a donc également contribué au verdict rendu par la commission indépendante.
Le club anglais rejette fermement les conclusions de la commission. Après l’annonce du verdict, Manchester City s’est déclaré déçu et surpris et a annoncé son intention de faire appel.
Le club dispose jusqu’au 2 octobre 2026 pour déposer son recours. L’appel sera examiné par une Appeal Board indépendante prévue par les règles de la Premier League. Cette instance dispose d’une large marge de décision : elle peut confirmer le verdict, l’annuler ou modifier certaines décisions de la commission.
La procédure n’est donc pas terminée. Le verdict publié le 29 septembre constitue une décision importante, mais il ne permet pas encore de connaître les conséquences définitives pour Manchester City.
La question de la sanction doit désormais être examinée séparément. La Premier League précise qu’une nouvelle audience de la commission indépendante devra déterminer les mesures à appliquer.
Les règles du championnat prévoient plusieurs types de sanctions, notamment des amendes, des retraits de points et d’autres sanctions sportives. Une éventuelle exclusion du championnat est également évoquée dans les discussions autour du dossier, mais aucune décision de ce type n’a été prise à ce stade.
Il faudra également tenir compte de la procédure d’appel. Selon Reuters, celle-ci pourrait retarder pendant plusieurs mois, voire davantage, la résolution définitive du dossier en raison de sa complexité.
Les conséquences pourraient dépasser la seule relation entre Manchester City et la Premier League. Reuters rapporte que certains clubs concurrents étudient d’éventuelles demandes de compensation, tandis que les implications fiscales du dossier font également l’objet de questions au Royaume-Uni.
Ces éventuelles démarches pourraient ajouter de nouvelles procédures à une affaire déjà exceptionnellement longue.
Après près de huit ans d’enquête, le verdict du 29 septembre marque donc une étape majeure. Manchester City doit maintenant défendre sa position devant la procédure d’appel, tandis que la Premier League devra déterminer les sanctions éventuelles. Le dossier reste ainsi ouvert et pourrait encore connaître plusieurs développements avant qu’une situation définitive ne soit établie.







