Le football mondial pourrait connaître une nouvelle évolution dans sa gouvernance. Le 29 septembre 2026 à Copenhague, Nasser Al-Khelaïfi, président de l’European Football Clubs (EFC), a annoncé une initiative visant à étudier la création d’une organisation mondiale destinée à représenter les clubs de football.
Baptisée provisoirement « World Football Clubs », cette structure aurait pour ambition de donner aux clubs une voix commune à l’échelle internationale. L’annonce intervient alors que les clubs occupent une place de plus en plus importante dans l’économie du football, mais aussi dans l’organisation des compétitions et la gestion des joueurs internationaux.
Pour l’instant, il ne s’agit toutefois que d’un projet à l’étude. L’EFC doit encore déterminer si une telle organisation est réalisable, comment elle pourrait fonctionner et quelle place elle pourrait occuper aux côtés de la FIFA et des confédérations continentales.
Pour Nasser Al-Khelaïfi, le poids des clubs dans le football international justifie une représentation plus importante à l’échelle mondiale. Le président de l’EFC estime que les clubs ne sont plus seulement des acteurs des compétitions nationales ou continentales : ils forment les joueurs, emploient les entraîneurs, développent des marques internationales et rassemblent des millions de supporters.

le projet de Nasser Al-Khelaïfi pour renforcer le poids des clubs
L’argument repose aussi sur leur rôle dans les grandes compétitions internationales. Selon Al-Khelaïfi, 857 joueurs issus de clubs européens ont participé à la Coupe du monde 2026, soit près de 70 % des joueurs du tournoi. Pour l’EFC, cette présence montre à quel point les clubs contribuent directement au fonctionnement du football mondial.
Dans ce contexte, l’objectif serait de permettre aux clubs de défendre collectivement leurs intérêts sur des sujets comme le calendrier international, les compétitions, les finances ou encore la répartition des revenus. Reuters rapporte que cette future organisation pourrait ainsi offrir aux clubs une voix commune dans les discussions internationales.
Le projet de Nasser Al-Khelaïfi s’appuie sur une organisation qui a déjà considérablement élargi son influence en Europe. L’European Football Clubs, ou EFC, est issue de l’ancienne European Club Association (ECA), qui représentait les intérêts des clubs européens auprès des instances du football.
Selon les chiffres présentés par l’EFC, l’organisation est passée de 247 clubs membres en 2021 à environ 920 clubs issus de 55 pays et territoires. Elle vise désormais le seuil des 1 000 membres. Cette progression illustre l’élargissement de son rôle, au-delà des grands clubs traditionnellement les plus visibles.
L’EFC travaille notamment avec l’UEFA sur des questions liées aux compétitions européennes, à la gouvernance, aux finances et à la répartition des revenus. Elle dispose également d’un partenariat stratégique avec la FIFA jusqu’en 2030. Cette expérience constitue la base du projet « World Football Clubs », qui chercherait cette fois à réunir les clubs au-delà des frontières européennes.
La création de « World Football Clubs » ne signifierait pas la disparition ou le remplacement de la FIFA. L’organisation envisagée aurait plutôt pour objectif de représenter directement les clubs dans les discussions internationales. Aujourd’hui, le football mondial est structuré autour de la FIFA et de six confédérations continentales : l’UEFA, la CAF, l’AFC, la CONMEBOL, la CONCACAF et l’OFC.
D’après Reuters, Nasser Al-Khelaïfi présente cette future structure comme une nouvelle voix institutionnelle pour les clubs, qui viendrait s’ajouter aux différentes composantes déjà présentes dans la gouvernance du football. Mais plusieurs éléments restent encore à définir : son statut juridique, sa gouvernance, ses membres, son calendrier de création et surtout les pouvoirs qu’elle pourrait éventuellement exercer auprès de la FIFA.
L’EFC parle donc pour l’instant d’une étude de faisabilité. L’organisation souligne néanmoins qu’elle possède déjà des relations avec des clubs et des acteurs du football au-delà de l’Europe. Elle indique également que certains de ses programmes, notamment ceux négociés avec la FIFA, bénéficient déjà à des clubs du monde entier.
Le projet représente ainsi une évolution potentielle de la représentation des clubs, mais son rôle exact dans le système international reste encore à construire.
Nasser Al-Khelaïfi veut aussi renforcer le poids des clubs avec « World Football Clubs

L’annonce de Nasser Al-Khelaïfi intervient dans une période où les relations entre une partie du football européen et la FIFA sont devenues plus tendues. En août 2026, l’European Football Clubs avait notamment menacé de ne pas coopérer à de futures éditions de la Coupe du monde des clubs si certains désaccords avec la FIFA n’étaient pas réglés.
À Copenhague, Al-Khelaïfi a également défendu l’idée que les clubs doivent disposer d’une représentation institutionnelle plus forte. Dans son discours, il n’a toutefois pas présenté la future organisation comme une structure destinée à remplacer la FIFA. Le projet vise plutôt à donner aux clubs une voix collective dans les discussions internationales.
Cette initiative intervient aussi alors que l’EFC conserve des liens de travail avec la FIFA. Les deux parties ont notamment conclu des accords concernant les compétitions et les compensations liées à la mise à disposition des joueurs. La situation est donc plus complexe qu’une simple opposition entre les clubs européens et l’instance mondiale.
La création de « World Football Clubs » pourrait néanmoins modifier les rapports de force si le projet aboutit. Pour l’instant, son fonctionnement et ses éventuels pouvoirs restent à définir.
Le projet de Nasser Al-Khelaïfi intervient également alors que l’unité des grands clubs européens semble se renforcer autour de l’EFC. Le président de l’organisation a annoncé à Copenhague le retour officiel du FC Barcelone, déjà réintégré comme membre ordinaire en février 2026 après avoir mis fin à sa relation avec la société de la Super League européenne.
Concernant le Real Madrid, Al-Khelaïfi a indiqué que le club était « en train de revenir » au sein de l’organisation. Selon Reuters, ce rapprochement intervient après plusieurs années de désaccords liés notamment au projet de Super League.
Pour l’EFC, ces évolutions renforcent l’idée d’une représentation collective des clubs européens. Elles pourraient aussi faciliter la construction d’une position commune sur les grands dossiers internationaux, au moment où l’organisation cherche justement à élargir son influence au-delà de l’Europe.
Pour les clubs africains, l’intérêt potentiel réside surtout dans la possibilité de disposer d’une représentation directe au sein d’une future organisation mondiale. L’EFC affirme déjà vouloir développer ses relations avec les clubs situés en dehors de l’Europe et précise que certaines de ses initiatives bénéficient aux clubs du monde entier. Son programme conclu avec la FIFA prévoit notamment 355 millions de dollars pour les clubs ayant libéré des joueurs pour les compétitions internationales.
Mais aucune règle précise concernant la représentation ou les avantages réservés aux clubs africains n’a encore été annoncée. La question devra donc être discutée si le projet « World Football Clubs » se concrétise. Pour les clubs du continent, les enjeux pourraient notamment concerner la représentation, les revenus liés aux compétitions internationales et la reconnaissance de leurs intérêts dans les décisions concernant le football mondial.
Avec « World Football Clubs », Nasser Al-Khelaïfi ouvre une réflexion sur la place des clubs dans la gouvernance du football mondial. Le projet n’en est encore qu’au stade de l’étude, mais son éventuelle création pourrait renforcer la représentation collective des clubs à l’échelle internationale.







